Un lieu où l’on se pose…

Le Monastère du Gai-rire est un lieu où l’on vient souffler, reprendre haleine, goûter la tendresse et l’empathie. C’est un lieu où se trouver…

Nous venons y perdre cette fichue « envie de tout et de rien » qui mène à l’oisiveté et à l’ennui.
Nous quittons, doucement, nos habitudes névrotiques. Peu à peu, nous sortons de nos addictions au tabac et aux autres drogues : la colère, la jalousie, le caprice, notre besoin de dominer l’autre et de le manipuler…, l’argent facile et le désespoir.
Edifier « un monastère laïc » est la seule parade que nous ayons trouvée, face à la morosité ambiante qui procède de l’exténuation collective… et conduit de plus en plus de jeunes à la drogue et au suicide.
C’est notre réponse pacifique à toute forme de terrorisme.

Ressaisir la barre d’une vie heureuse, c’est bien cela qui est proposé en ce lieu.

Pour Cicéron, l’inventeur du mot « religieux », il est vital que l’homme soit « relié » et « reliant » à l’Essentiel. L’être humain est un « homo-religiosus », il ne peut se contenter de vivre une simple vie matérialiste.
L’humain a besoin d’être relié à « Quelque Chose » qui est au-delà de lui ; ce « Quelque Chose » ou ce « Quelqu’Un », certains l’appellent « Dieu », « Allah », « le Bouddha », ou « la Source », et d’autres s’interdisent de Lui donner un nom.

Hier, au temps de l’Inquisition espagnole, Thérèse d’Avila vivait une grave crise spirituelle : elle avait 20 ans, et bien que religieuse, elle se vivait athée (sans Dieu) ; cela aurait pu lui valoir d’être brûlée vive… C’est pourtant ce chemin qui l’a conduite à une foi sereine et à une vie pleinement heureuse.
Aujourd’hui, celui ou celle qui souhaite vivre « relié(e) à la Vie » sans pratiquer aucun culte ni croire en Dieu, en a le droit.

L’important est d’être vrai.

Ferdinand Buisson, le père de la laïcité, écrivait en 1911 : « Nous avons empêché l’Église de jouer le rôle d’État et nous avons eu raison. Nous serions inexcusables d’encourager l’État à jouer le rôle d’Église. »
Il a créé la notion de laïcité républicaine « pour permettre la tolérance religieuse » et « pour qu’aucune religion ne puisse prétendre vouloir en écraser une autre ».
La laïcité n’est en aucun cas « au-dessus des religions », ainsi que le soutenait Léon Gambetta. Selon F. Buisson, « Elle se doit d’être au-delà de toutes les religions particulières ». Sinon, un État s’affirmant laïc encouragera pourtant, par son attitude sectaire, la pensée unique, l’ostracisme et le terrorisme, tout en prétendant les combattre.

Établir la laïcité, la tolérance et la paix en soi, est un pari quotidien.