Un monastère ouvert

Le Monastère du Gai-rire est un lieu de Rencontre, au-delà de toute religion, philosophie ou croyance particulière.

Un monastère a toujours été un lieu où l’on vient faire rupture (pour un temps donné, en Retraite) avec notre vie habituelle, notre environnement social et familial, afin de faire le point et décider d’une réorientation de notre vie.

Un Monastère est un lieu d’édification, c’est pourquoi il est normal que nous nous sentions quelque peu « dérangés » dans nos façons d’être et d’agir au quotidien.

Si nous vivons ici une expérience extrême, totalement différente de notre quotidien, nous serons très perturbés et notre séjour ne donnera pas de fruit.
Si au contraire, ce que nous vivons ressemble trop à notre quotidien… nous ne pourrons rien en faire non plus, puisque nous resterons alors dans nos petites habitudes névrotiques.

Quelquefois, en ce lieu, nous pouvons être gênés par les différences que nous y trouvons avec notre vie de tous les jours, d’autres fois par les ressemblances.
En tous les cas, c’est cette petite gêne qui est utile… pourvu qu’elle ne soit pas trop grande, car elle nous permet de nous interroger.
Si nous l’acceptons, elle fait naître en nous une salutaire remise en question !

Pain de Paix, poème du docteur Gérard Dupuy
Nous sommes, ensemble, comme les blés du champ, non pour la foule des tiges, mais pour l’union des épis, à la moisson des certitudes.
A la fois, nous sommes le champ, le semeur, la graine, l’herbe du blé, le souffle du soleil, sa gloire et sa moisson. Nous mûrissons à la clarté des cœurs.
Autant d’épis qu’il y a de jours, autant de grains, qu’en nous de confiance, et d’ivraie que de doute à porter le temps. Mais l’ivraie parle encore du sol fertile, comme le doute, de la profondeur, où va la foi profonde…
Et nous sommes le pain, chacun à rompre, et nous sommes, aussi, la faim, affamés d’unanime, insatiable de lumière, lorsque, dans le vent des jours, nous ployons, sans cependant cesser de redresser le cœur vers le futur, et vers sa transparence…
Blé fragile, herbe d’homme, portant le don de durer, dans l’écho de nos innombrables ruptures.
Notre travail, c’est de vérifier notre être, c’est-à-dire intérioriser la vérité de la Vie et cesser, sous la forme de projections émissaires, de rendre le dehors, êtres, choses, temps ou lieux, responsables de notre mal.

extrait de Terre promise, Terre offerte ou l’espace de la santé.