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Pain de Paix

Nous sommes, ensemble, comme les blés du champ, non pour la foule des tiges, mais pour l’union des épis, à la moisson des certitudes.
A la fois, nous sommes le champ, le semeur, la graine, l’herbe du blé, le souffle du soleil, sa gloire et sa moisson. Nous mûrissons à la clarté des cœurs.
Autant d’épis qu’il y a de jours, autant de grains, qu’en nous de confiance, et d’ivraie que de doute à porter le temps. Mais l’ivraie parle encore du sol fertile, comme le doute, de la profondeur, où va la foi profonde…
Et nous sommes le pain, chacun à rompre, et nous sommes, aussi, la faim, affamés d’unanime, insatiable de lumière, lorsque, dans le vent des jours, nous ployons, sans cependant cesser de redresser le cœur vers le futur, et vers sa transparence…
Blé fragile, herbe d’homme, portant le don de durer, dans l’écho de nos innombrables ruptures.
Notre travail, c’est de vérifier notre être, c’est-à-dire intérioriser la vérité de la Vie et cesser, sous la forme de projections émissaires, de rendre le dehors, êtres, choses, temps ou lieux, responsables de notre mal.
Pain de Paix, poème du docteur Gérard Dupuy